Si vous cherchez une recette simple qui sent bon la Normandie, celle-ci est faite pour vous. Le mirliton de Rouen, c’est cette petite tartelette feuilletée à la crème d’amande que l’on trouvait autrefois dans toutes les pâtisseries rouennaises. Aujourd’hui un peu oubliée, elle mérite pourtant sa place sur nos tables : facile à faire, économique, et terriblement gourmande. Avec quelques ingrédients de base et un peu de patience, vous allez réaliser un dessert qui ravira petits et grands.
Temps de préparation : 15 minutes
Temps de cuisson : 15 à 20 minutes
Nombre de portions : 4 à 6 personnes
Ingrédients
Pour préparer vos mirlitons, vous aurez besoin de :
- 1 pâte feuilletée (maison ou du commerce)
- 2 œufs
- 60 g de poudre d’amande
- 60 g de sucre en poudre
- 25 g de beurre fondu
- ½ gousse de vanille (ou 1 cuillère à café d’extrait)
- Le zeste d’un demi-citron ou d’une demi-orange
- Sucre glace pour la finition
- Quelques amandes effilées (facultatif)
Vous voyez, rien de bien compliqué. La plupart de ces ingrédients se trouvent déjà dans vos placards. Si vous n’avez pas de gousse de vanille sous la main, l’extrait fera parfaitement l’affaire. Le zeste d’agrume apporte une petite touche de fraîcheur qui équilibre la douceur de l’amande.
Préparation
Commencez par préchauffer votre four à 210 °C. Pendant ce temps, préparez vos moules à tartelettes en les beurrant légèrement et en les saupoudrant d’un peu de farine. Ce geste simple évitera que la pâte n’accroche au démoulage.
Étalez votre pâte feuilletée et découpez des disques de la taille de vos moules. Foncez-les délicatement en prenant soin de bien faire adhérer la pâte sur les bords. Avec une fourchette, piquez le fond de chaque tartelette. Ces petits trous permettront à la vapeur de s’échapper pendant la cuisson et éviteront que la pâte ne gonfle de façon anarchique.
Passons maintenant à la garniture, le cœur du mirliton. Dans un saladier, fouettez énergiquement les deux œufs avec le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse légèrement. Cette étape est importante car elle va incorporer de l’air et donner une texture plus aérienne à votre crème. Ajoutez ensuite la poudre d’amande et mélangez bien pour obtenir une préparation homogène.
Versez le beurre fondu (attention à ce qu’il ne soit pas brûlant pour ne pas cuire les œufs) et continuez de mélanger. Fendez votre demi-gousse de vanille dans la longueur et grattez les graines à l’aide d’un couteau. Incorporez-les à votre appareil avec le zeste d’agrume. Le parfum qui se dégage à ce moment-là est absolument délicieux : cette alliance entre l’amande douce, la vanille chaleureuse et la vivacité du citron annonce déjà le résultat final.
Répartissez la préparation dans vos moules en remplissant aux trois quarts seulement. La garniture va légèrement gonfler à la cuisson, il faut donc lui laisser de la place. Saupoudrez généreusement de sucre glace : c’est lui qui va former cette jolie croûte dorée et légèrement craquante en surface. Si vous aimez le croquant, parsemez quelques amandes effilées sur le dessus.
Enfournez pour 15 à 20 minutes. Surveillez la cuisson : vos mirlitons sont prêts lorsque la pâte est bien dorée et que la garniture a pris une belle couleur ambrée. Certains préfèrent une garniture légèrement tremblotante au centre pour plus de moelleux, d’autres aiment qu’elle soit bien ferme. À vous de choisir selon vos goûts.
Laissez refroidir quelques minutes dans les moules avant de démouler délicatement. Les mirlitons se dégustent tièdes ou complètement froids, accompagnés d’un thé ou d’un café.
Conseils et variantes à tester
Le mirliton de Rouen se prête à de nombreuses déclinaisons. Si vous souhaitez apporter une touche de modernité à cette recette traditionnelle, vous pouvez ajouter des fruits. Les framboises fraîches fonctionnent merveilleusement bien : disposez-en quelques-unes sur la garniture avant d’enfourner. Les groseilles, les myrtilles ou même des quartiers d’abricots bien mûrs sont également excellents. Ces fruits apportent une petite acidité qui contraste avec la douceur de la crème d’amande.
Pour une version encore plus normande, remplacez la moitié du sucre par de la cassonade et ajoutez une cuillère à soupe de calvados dans votre appareil. L’alcool va s’évaporer à la cuisson en laissant un arôme subtil de pomme. Dans le même esprit, vous pouvez disposer de fines lamelles de pomme caramélisées sur la garniture.
Si vous préférez jouer sur les parfums, testez la fleur d’oranger à la place du zeste d’agrume. Quelques gouttes suffiront pour donner une note orientale à vos tartelettes. Certains ajoutent aussi une pincée d’amande amère dans la poudre d’amande : cela intensifie le goût et rappelle les saveurs de l’enfance.
Pour les personnes suivant un régime végétal, bonne nouvelle : le mirliton se décline aussi en version végane. Remplacez les œufs par un mélange de crème végétale (soja ou amande) et de fécule de maïs. Comptez environ 100 ml de crème et une cuillère à soupe bien pleine de fécule. Le beurre peut être remplacé par de la margarine végétale ou de l’huile de coco. La texture sera légèrement différente, un peu plus crémeuse, mais tout aussi délicieuse. Dans cette version, préférez une cuisson à 180 °C pendant 20 minutes.
Le mirliton se conserve deux à trois jours dans une boîte hermétique. Vous pouvez même préparer les fonds de pâte garnis la veille et les cuire le jour même. C’est une pâtisserie idéale pour un goûter improvisé, un brunch en famille ou pour accompagner le café après un bon repas normand.
Cette petite tartelette fait partie de ces recettes du patrimoine qu’il serait dommage de laisser tomber dans l’oubli. À Rouen, certains artisans comme Christophe Cressent, Meilleur Ouvrier de France, ont remis le mirliton au goût du jour dans leur boutique. Mais rien ne vaut le plaisir de le réaliser soi-même, en sentant la maison s’emplir de ces parfums de beurre, d’amande et de vanille. Alors à vos fourneaux, et régalez-vous avec ce petit bout de Normandie gourmande.

Journaliste indépendant originaire de l’Eure, Pierre partage sur Goupillieres-27.fr ses découvertes autour du tourisme, de la gastronomie et de l’art de vivre en Normandie. Passionné par sa région, il aime raconter ses balades, ses rencontres et ses coups de cœur locaux avec un ton simple et chaleureux.
